Création aux Ulis et Festival d'Avignon

ENQUÊTE SUR HAMLET
D’après Enquête sur Hamlet, le dialogue de sourds
De Pierre Bayard, Les Editions de Minuit, 2002
 
Adaptation Dominique Paquet 
 Mise en scène Patrick Simon
 
Caspevicom, vidéo de fragments du spectacle
 
Pourquoi Hamlet tarde-t-il tant à tuer Claudius, son oncle, meurtrier présumé de son père ? Comment se fait-il que la troupe de comédiens ambulants avait dans son répertoire une pièce décrivant de façon aussi précise le meurtre du vieil Hamlet ? Pourquoi Claudius ne réagit-il pas quand Hamlet il assiste à cette pièce ? Pourquoi Gertrude ne voit-elle pas le spectre du vieil Hamlet son mari, quand Hamlet, lui, le voit ? Pourquoi Hamlet est-il si violent avec Ophélie ? Que s’est-il exactement passé il y a quatre siècles à Elseneur ? Pierre Bayard se propose de "résoudre l’une des plus vieilles énigmes criminelles de la littérature" et de répondre à ces questions. Il donne une nouvelle réponse, originale, décapante. Une réponse solidement argumentée mais contestable…Une réponse... que l’on ne révélera pas, évidemment, un polar, surtout shakespearien, ne pouvant se commencer par la fin.
 
Au Festival d'Avignon, la Presse unanime !
 
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Le Monde.fr -Les Trois coups.com
Magazine littéraire
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Magazine théâtral Avignon
Vaucluse Matin Avignon 17 juillet
Association des professeurs d'art dramatique
Web-Théâtre, magazine en ligne du spectacle vivant
 
 
"Sur fond de musique jazzy et d’humour british pince-sans-rire, menée par cinq comédiens (dont Dominique Paquet qui signe l’adaptation), la pièce se fait policière, convoquant
exégètes, poètes, universitaires… ainsi que Shakespeare lui-même et ses personnages.
To be Hamlet or not to be? That is the question."
Didier Mereuze, La Croix
 
" Nous sommes pris par le suspense maintenu avec brio par une troupe de comédiens dont chacun " est " son personnage, avec justesse, voire panache… C'est un polar intelligent, haletant et jubilatoire…
" City Local News
 
" Un quintet de comédiens endosse avec panache plus d'une dizaine de personnages.
Le rythme enlevé préserve la lisibilité de cette comédie policière…Une approche ludique et judicieuse d'un chef d'œuvre de l'humanité dont la réplique la plus célèbre n'est autre qu'une question. "
Michel Flandrin - France Bleu Vaucluse
 
" On se croirait dans un feuilleton américain ! Atmosphère survoltée, débit rapide, volonté de tout comprendre en jouant et rejouant le scénario, le spectateur est happé dans l'engrenage qui interroge la psychanalyse et les multiples critiques qui se sont succédées au cours des siècles. Haletant. "
Jean Regad - La Provence
 
" Le texte de Pierre Bayard, admirablement mis en scène par Patrick Simon, nous fait (re)découvrir le "to be or not to be" de Shakespeare de façon scientifique, comme on ne l'avait jamais envisagé et promet même quelques surprises... en suivant la logique...
Au final, on sort abasourdi, éreinté, mais curieux et avides de lire ou relire,
l'œuvre de ce grand dramaturge élisabéthain... "
Vaucluse Matin
 
" C'est bien mené, bluffant sur la démonstration. "
HC - Théâtral Magazine
 
"Brillantissime, impeccablement joué et mis en scène, " Enquête sur Hamlet " offre un moment de théâtre jubilatoire à ne pas rater. "
Méliméloff

 

  
 

 
Une enquête diabolique
 
La pièce s’ouvre par un voyage en train en novembre 1917. John Dover Wilson, qui se rend de Leeds à Sunderland, ouvre le dernier numéro de The Modern Language Review, " périodique trimestriel consacré à l'étude de la littérature et de la philologie médiévales et modernes ". La guerre le préoccupe constamment, au point qu'il se trouve " dans un état psychologique dangereux, celui d'un homme qui risque à tout moment de se convertir, de tomber amoureux ou de se mettre à délirer. ". Comme l’écrit Pierre Bayard : " Ce sont précisément les trois destinées qui l'attendent. ". Que développe l’article de Greg ? Il pointe les lectures usuelles d'Hamlet pour y mettre en évidence des incohérences majeures. Dover Wilson lit, relit cet article et entre dans un état d’excitation terrible. Cet article de Greg est ingénieux mais aussi diabolique ! Qu’est-ce qui est diabolique ? Il y a un point d'invraisemblance énorme dans cette pièce ! Et il est extrêmement étonnant que des siècles entiers de lectures et de représentations aient pu défiler sans que personne ne s'en aperçoive ! Lequel ? A l'acte III, Hamlet demande à une troupe de comédiens de jouer une pièce de leur répertoire qui, justement, représente une scène de crime proche de celle de l'assassinat de son père.
Pourquoi ? Hamlet pense qu’en voyant la pièce jouée, Claudius, le meurtrier présumé, ne supportera pas une représentation si ressemblante, et manifestera un malaise, donc sa culpabilité. Et c'est exactement ce qui se produit : excédé, Claudius quitte la salle. Donc il est le coupable ?
Sauf que, nous souffle Greg, l'affaire n'est pas si simple ! La pièce a en effet été immédiatement précédée d’une pantomime qui raconte la même chose. Or Claudius n'a pas bronché. Pourquoi Claudius ne se lève-t-il pas pendant la pantomime ? That is the question !
 
 
Arnaud Décarsin , Thomas Cousseau, Bruno Allain, Anne Bouvier, Dominique Paquet
 
 
Le point de vue du metteur en scène
 
Haletant ! Tel est le mot qui vient à l’esprit à la lecture du texte de Pierre Bayard. L’oeuvre est incroyable, paradoxale et impeccablement rationnelle, diabolique et étonnante. Drôle aussi ! En s’attaquant à Hamlet, Pierre Bayard poursuit son oeuvre à la fois policière et littéraire : découvrir le vrai coupable grâce à l’investigation littéraire ! Car les personnages de romans ou d’oeuvres dramatiques vivent leur propre vie, à la fois dans leur espace temps et dans l’imaginaire de leurs lecteurs. Du coup, l’oeuvre échappe à l’auteur et le meurtrier n’est pas celui que Shakespeare a désigné ! Enquête sur Hamlet est construite comme un polar. Ici, l’enquêteur découvre le vrai coupable du meurtre du père d’Hamlet en s’appuyant sur le texte de Shakespeare, mais aussi sur les interprétations qui ont fleuri depuis six siècles. Hypothèses, auditions des témoins, suspicions sans raison, faux coupables, révélations et déductions étonnantes…petit à petit se dessine la terrible vérité dans une scénographie à transformations entre Elseneur et l’Angleterre! La mise en scène sera vive, haletante aussi, alternant en séquences comme dans une série ou un feuilleton, une enquête serrée, menée tambour battant. Parfois des fragments de la pièce seront joués afin d’éclairer les ambivalences d’Hamlet, comme si on revoyait en flash back les scènes décisives d’un meurtre ; parfois c’est une psychanalyste ou une ethnologue qui seront entendues comme témoins pour éclairer les mystères du comportement du Prince du Danemark. Parfois, seront convoqués des poètes, Jules Laforgue, Goethe, et même Shakespeare, mais aussi des psychanalystes Freud bien sûr et Ernst Jones, son disciple… On s’apercevra que tous ont rêvé d’Hamlet et se sont même projetés dans le personnage! Tous vont apporter leurs spéculations sur le coupable…mais seul Pierre Bayard, avec un humour tout british, osera enfin dévoiler la vérité au fil d’une enquête dans laquelle le spectateur se sentira emporté comme dans un train filant à vive allure !

Patrick Simon

 

 

 

 

 

 

Anne Bouvier ,Arnaud Décarsin, Bruno Allain, Thomas Cousseau, Dominique Paquet

 

 

 

 

A propos du livre de Pierre Bayard
 
« Littérature et psychanalyse : rien de plus convenu, rien de plus ennuyeux. Quand les psychanalystes s'en mêlent, ils s'entortillent ; et quand ce sont les professeurs de littérature, ils s'empêtrent. Les premiers se désennuient avec de grands textes, les seconds appliquent les enseignements de Freud à la lettre, et le tout manque souvent de talent. Du talent, pour relier les grands textes à Freud, il en faut, un talent de conteur, doté de clarté aussi ; il faut du simple. Si pardessus le marché il s'y trouve du charme et de l'humour, alors ! C'est un plaisir. Pierre Bayard a tout cela : simplicité, talent, drôlerie, intelligence, à quoi s'ajoute un goût du bizarre qui mérite un détour. Bizarre n'est pas le mot. Le mot, c'est «paradoxe »(…) Chacun de ses livres développe un paradoxe. Exemple, le plus parfait et le plus singulier, car il traite d'un personnage de théâtre, le prince Hamlet, dont Freud a failli faire le modèle du complexe enfantin, à la place d'Oedipe. On sait qu'Hamlet est obsédé par le meurtre de son père et le remariage de sa mère, crie vengeance en vain dans l’impuissance. Mais quel est le véritable assassin du roi d’Elseneur, père d’Hamlet ? Relisez le texte de Shakespeare avec Pierre Bayard, vous verrez que l’on n’y résiste pas. » 
 
 Catherine Clément, Le Magazine littéraire, février 2004
 
 
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